La machine à blâmer
Le 14 juin, NON à l’initiative UDC
La machine à blâmer
Le 14 juin, NON à l’initiative UDC
blame game
The Blame Game by SVP
Elles et eux disent NON. Et vous ?
Rejoignez les voix du NON ! Créez votre témoignage et partagez-le autour de vous.
blame game
The Blame Game by SVP
Vous souhaitez vous engager davantage pour une Suisse ouverte et juste ? Engagez-vous et faites bouger la Suisse avec nous. Remplissez ce formulaire et nous vous contacterons.
Pourquoi nous votons NON
L’initiative de l’UDC déchire la Suisse. 8 arguments pour comprendre pourquoi le NON reste la seule réponse à ce jeu sans fin.
Faire porter aux étranger·ères la responsabilité des problèmes et des défis de société, puis vendre leur exclusion comme solution : c’est le grand classique de l’UDC et de toutes les droites populistes du monde. Ce jeu de blâme n’est rien d’autre qu’une manœuvre de diversion xénophobe et profondément antidémocratique.
Depuis 1970, les initiatives contre la « surpopulation étrangère » sont une constante de notre calendrier de votations. Voici un petit résumé des 9 épisodes précédents de ce feuilleton aussi récurrent qu’interminable.
1970 Initiative populaire contre la surpopulation étrangère
L’admirateur autoproclamé d’Hitler James Schwarzenbach veut limiter à 10 % la « part d’étrangers » en Suisse. Rejetée de justesse (!) — et, soit dit en passant, par les hommes, puisque les femmes n’obtiendront le droit de vote qu’un an plus tard.
1974 Contre la surpopulation étrangère et la surpopulation de la Suisse
Même jeu, nouveaux chiffres : au maximum 4’000 naturalisations par an, et jamais plus de 12 % d’étranger·ères en Suisse. Rejetée.
1977 Initiative populaire contre la surpopulation étrangère : La suite
M. Schwarzenbach réessaie, cette fois avec un maximum de 12,5 % d’étranger·ères. Rejetée.
1988 Initiative populaire « pour la limitation de l’immigration »
Les maths pour les xénophobes : « Tant que la population résidente dépasse 6,2 millions, le nombre des immigrés ne doit pas dépasser les deux tiers du nombre des émigrés étrangers de l’année précédente ». Rejetée.
1996 Initiative populaire « contre l’immigration illégale »
Ici, l’accent portait sur le droit d’asile, mais sinon les arguments restaient toujours les mêmes. Rejetée.
2000 Initiative populaire « pour une réglementation de l’immigration »
Nouveau siècle, nouveau chiffre (18 % au lieu de 12 %), même jeu. Rejetée.
2014 L’initiative contre l’immigration de masse
Twist : acceptée. Mais c’est aussi, au moins, l’acte de naissance d’Opération Libero.
2014 Initiative « Stop à la surpopulation »
Également connue sous le nom d’« Ecopop » ; ça sonnait plus cool que ce que c’était réellement. Rejetée.
2020 Initiative « pour une immigration modérée »
Même la pandémie n’empêche pas l’UDC de faire tourner son grand classique en boucle. Rejetée.
Une chose est claire : le peuple n’a jamais vraiment été convaincu. Alors pourquoi rejouer sans cesse la même pièce ?
La politique migratoire est le seul sujet qui permet à l’UDC d’accroître rapidement son pouvoir de nuisance et son influence. Aucun autre sujet ne mobilise mieux. Aucun autre sujet ne la place au milieu de l’arène politique. Il ne s’agit jamais du bien-être de la Suisse ; il s’agit toujours de placer l’UDC au centre du débat.
Pourquoi a-t-on l’impression de tourner en rond sur la question migratoire ? Parce que c’est le cas. Les chiffres changent et les formules se compliquent au fil du tempst, mais les arguments restent les mêmes, et le débat public est mené sans nuances ni profondeur.
Les défis de la Suisse sont complexes ; il n’existe pas de solution miracle unique. Dans notre quotidien, tout change très vite : au travail, dans la technologie et bien sûr dans la politique mondiale. Un pays moderne comme la Suisse a besoin de réponses réfléchies, capables de réagir aux enjeux multiples et de couvrir aussi l’imprévisible. C’est une tâche exigeante et difficile, particulièrement dans une démocratie. Et il faut ajouter ceci : aujourd’hui, le sérieux ne suffit plus à lui seul à gagner des élections.
Alors pourquoi l’UDC se refuse-t-elle à la réflexion politique en préférant désigner les personnes étrangères comme responsables de tous les maux ? Parce que c’est bien plus simple. Pourquoi se confronter réellement à des sujets qui exigent de prendre en compte les besoins divers de la population et d’exercer aussi une autocritique, quand on peut tout simplement rejeter la faute sur les autres ?
L’UDC banalise les vrais problèmes et avance des propositions démagogiques comme des solutions simples. « Si nous n’étions que 10 millions, alors tout irait bien. S’il n’y avait que de “bons” étrangers, alors nous serions en sécurité. »
Le monde n’est pas si simple, il ne l’a jamais été. Les habitantes et habitants de ce pays méritent une politique qui prenne leurs besoins au sérieux et qui soit prête à s’attaquer aux vrais défis au bien de toutes et tous.
Le titre lui-même est volontairement trompeur : « initiative pour la durabilité ». Et cela émane précisément du parti qui s’oppose systématiquement à toute mesure en faveur de l’écologie.
L’UDC fait campagne contre la transition énergétique et contre l’essor des renouvelables. Elle veut aussi freiner le plus longtemps possible le programme de rénovation des bâtiments, les pompes à chaleur, la mobilité électrique et le transport ferroviaire. En revanche, le SUV énergivore doit rester abordable et incarner la prospérité suprême. Il faudrait soutenir le plus longtemps possible les énergies fossiles et affaiblir les technologies durables. De même, des chauffages au gaz et au mazout devraient pouvoir être installés partout.
L’UDC montre sans cesse que les besoins des générations futures lui sont totalement indifférents. Et lorsqu’on lit le texte de l’initiative, on n’y trouve rien de concret sur la durabilité — à part le titre, bien sûr. C’est l’arnaque suprême. Ce n’est pas en triant les gens en fonction de leur nationalité qu’on va protéger la nature et s’attaquer à l’urgence climatique.
Le réchauffement climatique est une réalité qui appelle à l’action. Si nous laissons l’UDC détourner l’écologie à des fins xénophobes, nous perdrons un temps précieux et compromettrons l’avenir des prochaines générations.
La communication autour de l’initiative utilise des exemples simples et socialement acceptables comme arguments de vente : logement et loyers, consommation d’énergie, coûts de la santé, embouteillages et trains bondés. La solution à tout ? « On vire les personnes étrangères ! »
Celles et ceux qui se réjouissent déjà d’une baisse des loyers et espèrent rentrer plus vite chez eux après le travail vont malheureusement être déçus par l’UDC. Le texte de l’initiative ne dit rien à ce sujet. En revanche, il exige bel et bien l’interdiction du regroupement familial et un arrêt de l’accueil des personnes en quête d’asile dès 9,5 millions d’habitant·es. Comment cela permettrait concrètement de rendre plus de logements disponibles à bas prix ou de faire baisser le prix de l’électricité reste un mystère de l’UDC… Évidemment volontairement, car les véritables leviers du changement se trouvent ailleurs :
Pourquoi manque-t-on de logements ?
Depuis 1970, le nombre de ménages d’une seule personne a fortement augmenté en Suisse ; il a presque quadruplé. Cela signifie qu’il faut nettement plus de logements. Jusqu’en 2005, les surfaces d’habitation ont elles aussi continuellement augmenté, si bien qu’aujourd’hui, chaque personne occupe davantage d’espace.
Qui consomme autant d’énergie ?
L’UDC prétend certes que la Suisse souffre d’une pénurie d’électricité à cause de l’immigration. En réalité, malgré l’immigration, la consommation totale d’électricité en Suisse a légèrement diminué depuis 2010.
Mais un fait demeure : à l’avenir, la consommation d’électricité augmentera en raison de l’électrification nécessaire dans l’industrie, les transports et le secteur des bâtiments. Pour garantir la quantité d’électricité requise, le système électrique suisse doit fonctionner de manière stable dans le réseau européen interconnecté. Or la Suisse risque d’être isolée de ce réseau si aucun accord sur le marché de l’électricité n’est conclu. Bonne nouvelle : avec les Bilatérales III, ce problème serait réglé. Et qui s’oppose à cet accord ? Bien sûr, l’UDC.
Qui paie nos retraites ?
En Suisse, l’âge moyen augmente. La population vieillit de plus en plus et fait moins d’enfants ; sans immigration, la population diminuerait et vieillirait encore davantage. Cela pose un problème à l’AVS : il y a trop peu de jeunes actifs et actives pour financer la retraite des seniors. Nous dépendons de l’immigration pour atténuer ce problème démographique et stabiliser les assurances sociales.
Qui fixe les prix de l’assurance-maladie ?
Pendant la campagne électorale de 2023, l’UDC a affirmé sans preuve que l’immigration était responsable de la forte hausse des coûts de l’assurance-maladie. C’est infondé. Une étude de la Confédération montre même que, dans le domaine de la santé, les personnes étrangères occasionnent 28 % de coûts en moins par personne et atténuent ainsi la hausse des primes.
Pourquoi mon train est-il toujours bondé ?
Si tout le monde veut aller au travail et en revenir au même moment, cela ne fonctionne ni dans une Suisse à 5 millions d’habitant·es, ni dans une Suisse à 10 millions. Ce qui fonctionnerait en revanche, ce serait une flexibilisation des horaires de travail et des modèles de travail modernes. Il faut aussi continuer à investir dans les infrastructures et développer les transports publics.
C’est contre les personnes réfugiées que l’UDC tire le plus durement. Les requérant·es d’asile représentent environ 2,5 % de la population suisse et n’ont donc aucune influence significative sur les défis centraux comme la croissance, les infrastructures ou le logement.
En revanche, les conséquences concrètes d’un oui seraient les suivantes : la dénonciation de la Convention de Genève relative aux réfugiés, de la Convention européenne des droits de l’homme et aussi de la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant. En termes très simples : adieu les droits humains. Pas seulement ceux des personnes réfugiées, mais ceux de tous les êtres humains en Suisse, car la Convention européenne des droits de l’homme garantit la protection de tous les droits humains fondamentaux dans toute l’Europe, y compris en Suisse.
Cette initiative marquerait la fin du droit d’asile. Cent cinquante ans après la naissance de la Croix-Rouge et du droit international humanitaire, la Suisse enterrerait sa tradition humanitaire. L’UDC, d’ordinaire si patriotique, romprait ainsi précisément avec l’une des traditions les plus fondamentalement suisses qu’elle prétend par ailleurs défendre.
Si la Suisse franchit le seuil des 10 millions d’habitant·es avant 2050, elle devra dénoncer la libre circulation des personnes — c’est ce que l’initiative veut inscrire dans la Constitution.
Ce qui se passerait ensuite relèverait d’un véritable effet domino : avec la dénonciation de la libre circulation, les autres accords des Bilatérales I et II tomberaient automatiquement, mais aussi les Bilatérales III actuellement en négociation.
Les conséquences : l’accès au marché intérieur de l’UE disparaîtrait. Plus de 50 % de notre commerce extérieur se fait avec l’UE. Sans les accords bilatéraux, la Suisse retomberait dans une époque qu’on croyait oubliée, faite de tracasseries douanières et de longues procédures d’accréditation des produits. Pour de nombreuses entreprises, cela signifierait davantage de démarches, de contrôles et de coûts. La place économique suisse perdrait en attractivité.
De même, la coopération dans les domaines de l’énergie, de la santé, de la sécurité, de la migration, de la recherche et de l’asile serait mise en péril. Avec la disparition de l’accord de Schengen, les temps d’attente à la douane exploseraient et une simple escapade d’un week-end se transformerait en parcours du combattant. Les contrôles systématiques des personnes comprennent aujourd’hui pour les ressortissant·es de pays en dehors de l’espace Schengen l’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System) : une préinscription numérique payante avant l’entrée prévue dans l’UE, suivie d’un contrôle des données biométriques et d’un scan des bagages au poste-frontière. Amusez-vous bien !
Nous serions également exclus de la coopération en matière de sécurité, de migration et d’asile. Cela signifierait notamment le blocage de l’accès aux bases de données policières européennes et la fin du système de Dublin en Suisse.
Dans un monde où les grandes puissances agissent selon la loi du plus fort, la perte de notre partenaire la plus fiable nous livrerait sans protection aux velleités impérialistes des États-Unis, de la Russie et de la Chine. Cela mettrait en danger non seulement notre prospérité, mais détériorerait aussi drastiquement la sécurité de la Suisse.
La libre circulation des personnes est notre acquis commun en matière de liberté. Grâce à l’accord sur la libre circulation, les Suisses et Suissesses ainsi que les citoyen·nes de l’UE ont le droit de choisir librement leur lieu de travail et de séjour sur le territoire des États parties. La libre circulation nous laisse le choix de l’endroit où nous voulons vivre, travailler et construire sa vie en Europe.
La libre circulation nous protège toutes et tous : les salarié·es venu·es de l’étranger sont plus libres et plus indépendant·es. Le rapport de force, et donc la dépendance vis-à-vis des employeurs, est nettement moins fort qu’autrefois. Et pour les salarié·es suisses, il n’y aurait pas, sans cet accord, de mesures d’accompagnement nous protégeant contre le dumping salarial. Des études montrent en outre que les travailleurs et travailleuses frontaliers contribuent en particulier à la croissance des entreprises en Suisse, renforcent leur capacité d’innovation et ne remplacent pas les salarié·es suisses, mais augmentent même leurs salaires. La libre circulation renforce la cohésion sociale, en Suisse et en Europe.
Contrairement aux précédentes initiatives, l’initiative de l’UDC exige cette fois très directement une dénonciation de la libre circulation des personnes et mettrait ainsi fin à toutes les libertés qui en découlent pour nous.
La Suisse connaît principalement une immigration orientée vers le marché du travail. Le taux d’activité est élevé, et il n’existe pas de grandes réserves de main-d’œuvre. C’est la situation normale.
Dès l’après-guerre, la Suisse a organisé avec l’Italie un système ciblé de recrutement qui orientait activement des travailleurs et travailleuses vers notre pays, notamment via l’accord de 1948. Les ouvriers italiens étaient recrutés de manière systématique pour la construction, l’industrie et la restauration, puis intégrés comme saisonniers dans un système strictement réglementé. La migration n’a donc pas seulement été rendue possible ; elle a été délibérément organisée et exploitée afin de garantir l’essor économique.
L’immigration a été et reste d’importance systémique pour la Suisse, dans tous les secteurs, des soins et de l’artisanat à la finance et à la recherche. Depuis des siècles, l’économie suisse profite des travailleuses et travailleurs immigrés, de leur créativité, de leur discipline et de leur formation.
Pendant ce temps, elles et ils ont toujours été exposé·es à une rhétorique d’exclusion et de bouc émissaire. Pendant un siècle, la « surpopulation étrangère » a été un terme de combat solidement ancré dans la politique suisse. Il n’a pas disparu à ce jour ; il est aujourd’hui décrit par des euphémismes tels que « pression démographique », « bétonnage » ou même « durabilité ». Les immigré·es continuent d’apporter leur contribution, tandis qu’ici, on débat de leur légitimité même à exister et qu’on les rend globalement responsables des problèmes de société — et cela depuis plus de cent ans.
L’industrie horlogère, le tunnel du Gothard et même Roger Federer n’existeraient pas si des personnes n’avaient pas quitté leur pays d’origine pour venir vivre et travailler ici.
Elles ne sont pas venues parce que la Suisse serait tellement plus belle que leur pays. Elles sont ici parce que notre pays dépend de davantage de talent, d’expérience et de savoir-faire qu’il n’en produit lui-même.
Les personnes issues de l’immigration méritent notre gratitude, notre respect et nos excuses. Car il ne faut pas l’oublier : nous avons plus besoin d’elles qu’elles n’ont besoin de nous.
blame game
The Blame Game by SVP
Mobilisez votre famille, vos ami·es et ennemi·es.
blame game