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Numérisation

La technologie nous rend optimistes. Mais nous ne faisons pas pour autant preuve de naïveté !

Le tournant numérique affecte de nos jours tous les domaines de l’existence et représente un défi tant pour la démocratie libérale que pour les libertés individuelles. Même si la numérisation risque de tout chambouler, nous voulons en profiter. En même temps, nous voulons protéger les valeurs fondamentales de notre société ainsi que la dignité et l’autonomie des individus - grâce à des institutions capables de s’adapter.

La numérisation enclenche un développement technologique qui ne va pas uniquement transformer l’économie. Ce développement va affecter également la quantité et le genre d’informations à notre sujet dont disposent les autorités et les grandes entreprises : nos habitudes en termes de consommation d’informations, notre sentiment d’appartenance à des communautés et à un tout autre niveau encore, la manière de faire la guerre. Nous sommes certes optimistes par rapport aux nouvelles technologies, mais nous ne sommes pas naïfs pour autant. Il est clair que la numérisation est un processus de destruction créatrice, qu’elle contribue à reproduire certains rapports de force et à en créer de nouveaux, qu’il y aura à cause d’elle des perdants dont nous devrons prendre soin. Parmi les perdants, il y aura certainement aussi des institutions qui fonctionnaient bien jusqu’à présent. Il nous faut donc les préparer à confronter le processus de destruction créatrice auquel elles font ou vont faire face. Le défi consiste à trouver de nouveaux moyens permettant d’organiser et de renforcer la communauté et la chose publique (res publica). Compte tenu du fait que la numérisation va tout chambouler, la question pour nous est de savoir comment protéger les valeurs fondamentales de notre société ainsi que la dignité et l’autonomie des individus grâce à des institutions capables de s’adapter.

Le tournant numérique affecte de nos jours tous les domaines de l’existence et représente un défi tant pour les démocraties libérales que pour les libertés individuelles. A l’heure actuelle, le débat politique en Suisse à ce sujet fait défaut ou évolue dans la fausse direction. Les vraies questions ne sont pas posées. Ce qui nous manque, c’est une politique numérique libérale qui aborde les domaines suivants : (I) le rôle des marchés, des acteurs et des institutions (dans leurs dimensions à la fois “publique” et “privée”) ; (II) les droits de la personnes et des libertés individuelles ; (III) la capacité d’innovation (au lieu du status quo) ; (IV) la limitation du pouvoir et la décentralisation.

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Le débat politique relatif à la numérisation doit permettre d’élaborer des solutions aux problèmes créés par la transformation radicale des marchés et des pratiques commerciales d’une part, de l’Etat d’autre part (disparition des “gatekeepers, double rôle des individus en tant que producteurs et consommateurs d’informations, responsabilisation des plateformes, etc.). Ces problèmes ont en effet un impact important sur les démocraties libérales, les libertés individuelles et les institutions de l'État de droit.

Les institutions démocratiques doivent garantir le bon fonctionnement des “sociétés numériques” (c’est-à-dire les sociétés dont les activités se basent en grande partie sur les réseaux informatiques). Il est donc important que ces institutions évoluent afin de pouvoir faire face au défi de la numérisation.

Les concentrations de pouvoir créées par la numérisation aux niveaux privés et publics méritent une grande attention.

Le contrôle des données qui nous concernent personnellement est pour nous essentiel (transparence, droit d’opposition).

Nous nous engageons en faveur du renforcement des libertés civiles menacées par la numérisation et les concentrations de pouvoir qu’elle entraîne.

Nous plaidons en faveur de la décentralisation et de la limitation du pouvoir.