Face à une guerre hybride, couplons le budget de la SSR aux dépenses militaires
Communiqué de presse
Le rejet clair de l'initiative SSR montre qu’à une époque où la désinformation menace la sécurité de la Suisse, le peuple souhaite disposer de médias de service public forts. Il est absurde que, face à une guerre hybride, le Conseil fédéral renforce considérablement son armement militaire, mais fasse des économies dans le domaine de la protection de l’accès à l’information. Opération Libero prend le conseiller fédéral Martin Pfister au mot et propose que si le budget militaire augmente, le budget de la SSR augmente en conséquence.
Aujourd'hui, à l'issue d'une campagne résolument engagée pour le NON, l’initiative SSR a été clairement rejetée. Après No Billag en 2018, le peuple se prononce pour la deuxième fois en faveur de médias de service public forts.
L’attaque sur le front intérieur a été déjouée, mais la menace extérieure est d’autant plus grande : dans son discours prononcé lors de la conférence des éditeurs suisses en janvier, le chef du Département fédéral de la défense Martin Pfister a averti que depuis 2022 la Russie intensifie ses attaques contre la Suisse dans le domaine de l'information. Le dernier rapport sur la politique de sécurité prévoit une augmentation de ces attaques hybrides. « Quiconque déstabilise l'espace informationnel d'un pays affaiblit sa sécurité », avait déclaré Pfister.
Une SSR affaiblie en pleine guerre hybride
Les agissements de la chaîne de propagande Russia Today (RT) ne sont qu'un avant-goût de la manière dont la Russie va bombarder de désinformation, notamment lors du vote sur les Bilatérales III. L’intox russe avait déjà manipulé le vote sur le Brexit, entre autres avec des usines à trolls, et après l'attaque contre l’Ukraine, elle entend bien affaiblir encore davantage les démocraties européennes.
Alors que cette guerre hybride bat son plein, Albert Rösti a décidé en 2024, par voie d’ordonnance et sans possibilité de recourir au référendum, de réduire 17 % du budget de la SSR, affaiblissant ainsi notre droit à l’information. « Nous sommes convaincus que c'était une erreur et qu’aujourd’hui le peuple aurait rejeté un tel contre-projet dans les urnes », déclare Simon Städeli, codirecteur d’Opération Libero.
La SSR a été créée dans les années 1930 pour servir de rempart contre les idéologies fascistes et autoritaires. En tant que pilier de la démocratie inscrit dans la Constitution, elle est notre assurance face à la guerre hybride de l’information.
Si le budget militaire augmente, le budget de la SSR doit également augmenter
Il est absurde que le Conseil fédéral renforce considérablement son armement militaire dans le cadre de la guerre hybride, mais souhaite faire des économies dans le domaine du droit à l’information. Plus la menace extérieure est grande, plus la SSR revêt une importance stratégique en tant qu'instrument central de la politique de sécurité.
Nous prenons Martin Pfister au mot et exigeons :
Les médias de service public font partie de la politique de sécurité. Si le budget militaire augmente, celui de la SSR doit également augmenter. L’augmentation de la redevance doit être proportionnelle à celle du budget militaire.
À cette fin, nous avons lancé aujourd'hui une pétition adressée au Conseil fédéral et au Parlement. Quand on veut, on peut : ne faisons pas le jeu de Poutine et consorts, renforçons la SSR dans sa lutte contre la désinformation.