Qui dit « Pas de guerre », doit dire « Oui à l’Europe »
Communiqué de presse
Le rejet net de l’initiative sur la neutralité est un oui à une Suisse qui entend défendre sa sécurité et ses libertés aux côtés de l’Europe. Difficile de se réclamer du « Pas de guerre » tout en s’attaquant au projet de paix européen. Opération Libero appelle désormais à faire avancer sans tarder les Bilatérales III avec l’UE.
La Confédération helvétique ne sera pas la Confédération des hypocrites. Aujourd’hui, la population suisse a clairement rejeté la tentation de s’isoler de ses partenaires européens et de se lier les mains face aux violations manifestes du droit international. Un choix clair en faveur d’une Suisse qui assume ses responsabilités : défendre la démocratie et l’ordre international plutôt que détourner le regard.
Le plus grand projet de paix de l’histoire
La population suisse a vu clair dans les contradictions des initiant·es autour de l’UDC de Blocher et de « Pro Suisse » : couvrir le pays d’affiches « Pas de guerre », tout en faisant de l’UE l’ennemi à abattre à la moindre occasion.
Qui prétend vouloir empêcher la guerre devrait commencer par regarder ce que l’Europe a accompli depuis 1945. L’Union européenne est le plus grand projet de paix et de liberté de l’histoire et aussi le plus abouti. Après des siècles de conflits, l’Europe a compris qu’une paix durable passe par la coopération. Et si aucune guerre n’a éclaté depuis lors entre les États européens, ce n’est ni une évidence ni un hasard : c’est une conquête historique.
Pourtant, ce sont précisément les partisans du « Pas de guerre » qui s’acharnent le plus contre cet ordre de paix européen. L’initiative sur la neutralité aurait fermé la porte à la coopération européenne en matière de sécurité et empêché la Suisse d’adopter les sanctions de l’UE contre les États agresseurs – au moment même où la Russie menace la paix en Europe.
Difficile, dès lors, de s’étonner des applaudissements du Kremlin. L’initiative aurait resserré les liens politiques et financiers avec Poutine, en élargissant la marge de manœuvre pour les affaires suisses avec l’économie de guerre russe.
La paix naît de partenariats solides
« Entre celles et ceux qui défendent nos libertés et celles et ceux qui les détruisent, il n’y a pas de neutralité », déclare Lisa Marchon, coprésidente d’Opération Libero. « La neutralité ne doit jamais devenir un blanc-seing pour les autocrates et les auteurs de violations des droits humains. La paix ne naît pas en détournant le regard, mais de partenariats solides, de règles communes et du courage de défendre la démocratie. »
La guerre hybride menée par le Kremlin contre l’Europe – des cyberattaques au sabotage en passant par les survols de drones – ne s’arrête pas aux frontières de la Suisse. Notre défense repose donc sur la prévention de l’escalade et la coopération : avec l’UE, avec nos partenaires européens et aussi avec l’OTAN. Même en tant qu’État neutre, la Suisse dispose d’une grande marge de manœuvre : elle doit simplement l’utiliser.
« Pas de guerre » signifie oui à l’Europe. Oui aux Bilatérales III.
Après ce énième non à l’isolement – le deuxième rien qu’en 2026 –, le Parlement est appelé à agir : « Chères parlementaires, chers parlementaires, tirez la bonne conclusion du résultat d’aujourd’hui : la population veut coopérer avec l’Europe », demande Julius Felix, coprésident d’Opération Libero. « Faites avancer rapidement les Bilatérales III, qui sont prêtes à être ratifiées, et soumettez-les au référendum facultatif. » Le Conseil des États commencera dès demain à examiner les accords.
Nous ne pouvons pas compter sur les autres pour défendre notre démocratie pendant que nous restons les bras croisés, cachés derrière une neutralité couarde. La Suisse fait partie de l’Europe. L’UE est notre principale partenaire commerciale et notre partenaire politique la plus proche. À l’heure où les autocrates s’en prennent à l’ordre international, la Suisse n’a pas besoin de moins d’Europe, mais de plus d’Europe. Pas de guerre, c’est oui à l’Europe.