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Le journal de l’UDC à l’épreuve des faits

Révélation: Ce n’est qu’une machine à blâmer !

Le journal de l’UDC, que beaucoup d’entre nous ont reçu dans le courrier ces dernières semaines, est truffé de scénarios catastrophistes, de désinformation, de xénophobie et de leur exploitation classique des problèmes. Nous avons soumis les déclarations de l’UDC à une vérification des faits. Résultat: L’UDC se livre, comme à son habitude, à un jeu de reproches, un « blame game ». Elle passe cependant sous silence les graves conséquences d’un « oui ».

Faux. La déclaration réelle de l’Office fédéral de l’environnement porte uniquement sur la perte de surface agricole utile entre 1985 et 2018. Il n’est toutefois pas exact de dire que ces surfaces sont bétonnées. Seule une bonne moitié de cette surface est « bétonnée », le reste étant utilisé pour des parcs, des terrains de football, etc. Des résultats récents pour les cantons d’Argovie, de Lucerne et du Jura montrent que l’augmentation de l’imperméabilisation des sols a fortement ralenti ces derniers temps, voire de plus de 50 % dans le canton du Jura. La réforme de l’aménagement du territoire porte ses fruits.

 

Actuellement, environ 8 % de la superficie de la Suisse est constituée de zones urbanisées. Selon les statistiques sur la superficie, la part des surfaces imperméabilisées représente actuellement 5,1 % de la superficie totale du pays, ce qui correspond à 2’102 km² (à peu près la taille du canton de Saint-Gall). La situation est d'ailleurs dramatique pour les glaciers suisses, dont la superficie diminue à un rythme effréné en raison du changement climatique.

Rien que le titre de cette initiative est délibérément trompeur : « Initiative pour la durabilité ». Et elle émane justement du parti lobbyiste des pollueurs, qui mène une campagne politique contre la transition énergétique et les énergies renouvelables, le Programme Bâtiments, les pompes à chaleur, la mobilité électrique et le transport ferroviaire. Malheureusement, Rösti et ses acolytes ont toujours combattu les véritables solutions visant à protéger la nature. Le changement climatique est une réalité et exige que l’on agisse. Si nous laissons l’UDC détourner la durabilité à des fins xénophobes, nous perdons un temps précieux et mettons en péril l’avenir des générations futures.

Faux. L'immigration nette n'a jamais dépassé les 100’000 personnes au cours d'une seule année. Elle a diminué en 2024 et 2025. En 2025, elle s'élevait à un peu moins de 75’000 personnes.

Zuwanderungssaldo FR

Des absurdités populistes erronées. En 2025, 73,1 % des nouveaux immigrants provenaient de l'espace UE/AELE. Avec 350’958 personnes, les personnes de nationalité italienne constituent le plus grand groupe de population étrangère en Suisse, suivis des personnes de nationalité allemande (338’584), portugaise (264’341) et française (181’501). Le graphique suivant montre que pas moins de 83 % des étrangers de la population résidante permanente à la fin de l’année 2025 étaient originaires d’Europe. On est loin des cultures exotiques, et encore plus de l’islam. Mais, pour l’UDC, tout ce qui ne porte pas de chemise à edelweiss et ne chante pas le yodel est exotique. Autrefois, c’étaient les Italiens du Sud.

Zuwanderungsstatistik FR

Faux. Une étude de la Chambre de commerce et d'industrie de Saint-Gall et d'Appenzell montre que les immigrés soutiennent l'AVS davantage qu'ils ne la grèvent : ils versent 40 % des cotisations, mais perçoivent moins de 30 % des prestations. L’étude en conclut : « Les migrant·es apportent une contribution considérable au financement de l'AVS. » En d'autres termes : sans les immigré·es, l'AVS serait dans une situation bien pire.

 

À propos de l’aide sociale, l’UDC suggère que de nombreuses personnes de nationalité étrangère viennent ici pour vivre aux crochets de l’État. C’est faux : Le taux d’aide sociale économique a atteint en 2022, 2023 et 2024 son niveau le plus bas depuis l’introduction de ces statistiques en 2005. L’UDC tente de dénigrer notre pays, ne le laissons pas faire.

Sozialhilfequote FR

Malheureusement, il est devenu habituel pour l'UDC de publier sur les réseaux sociaux chaque infraction commise par un demandeur d'asile en l'accompagnant de la mention « nouvelle normalité ». Elle cherche à semer un sentiment d'insécurité au sein de la population, même si les chiffres ne le justifient pas. Le fait est que la Suisse ne devient pas plus dangereuse. Pour en savoir plus, voir la section « Criminalité » plus bas.

 

La déclaration de l’UDC sur le nombre de cambriolages est un bon exemple d’affirmation sans fondement factuel : en 2025, la police a enregistré 34’755 cambriolages, un chiffre bien inférieur au pic atteint en 2012 avec 61’128 cambriolages. Les cambriolages sont donc aujourd’hui beaucoup moins fréquents qu’il y a 14 ans, alors même que la population suisse a augmenté et qu’il y a davantage de maisons susceptibles d’être cambriolées.

Diebstahlformen FR

C'est extrêmement dangereux. Voter « oui » à cette initiative n'envoie aucun signal. Au contraire, cela aurait des conséquences considérables : la dénonciation de la libre circulation des personnes et, par conséquent, des accords bilatéraux I et II, l'abandon des négociations sur les accords bilatéraux III, ainsi que la dénonciation de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant. Est-ce vraiment ce que nous voulons ? Absolument pas.

 

Ce que vous ne lirez pas dans ce journal

  1. Il s'agit de la dixième initiative contre l'immigration depuis 1970. Depuis lors, des défis réels ou inventés sont utilisés pour attirer l'attention, et les étrangers sont présentés comme les coupables. Il n'est jamais question de trouver de véritables solutions.
  2. Ceux qui espèrent des réductions de loyer grâce à un « oui » et qui s'attendent à rentrer rapidement chez eux après le travail seront déçus. Le texte de l'initiative ne mentionne rien à ce sujet. L’initiative ne résout aucun problème, mais en crée beaucoup de nouveaux. Soit dit en passant, l’UDC multiplie les interventions visant à affaiblir la protection des locataires afin que les propriétaires puissent réaliser davantage de bénéfices, et s’oppose aux mesures visant à rendre les transports publics plus attractifs et à désengorger ainsi les routes: Difficile de faire mieux en matière d’hypocrisie.
  3. Un « oui » déclencherait un véritable effet domino : la résiliation de la libre circulation des personnes entraînerait automatiquement la fin des accords bilatéraux I, II et III, ces derniers encore en négociation. La place économique perdrait énormément de son attrait, les déplacements deviendraient plus compliqués, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée s'aggraverait, etc.
  4. L’immigration est un atout pour la Suisse et, à bien des égards, nous dépendons des étrangers-ères.

On se porte sacrément bien, notamment grâce à l'immigration. Dans diverses études et classements sur la qualité de vie, la Suisse figure toujours parmi les premiers, et nous occupons même la première place dans certains d'entre eux. Rien n'indique que cela soit sur le point de changer.

Il est vrai que le coût de la vie a augmenté ces dernières années. Mais l'immigration en est-elle la principale responsable, comme le prétend l'UDC ? Pas du tout. Les défis auxquels la Suisse est confrontée sont complexes ; il n'existe pas de solution miracle toute faite.

L'UDC banalise les vrais problèmes et désigne à la place les étrangers comme boucs émissaires. C'est simple, facile : du populisme à l'état pur.

Lors de la campagne électorale de 2023, l'UDC a affirmé, sans preuve, que l'immigration était responsable de la forte augmentation des coûts de l'assurance maladie. Cette affirmation est sans fondement. Une étude de la Confédération montre même désormais que les personnes de nationalité étrangère génèrent 28 % de coûts en moins par personne dans le secteur de la santé et contribuent ainsi à freiner la hausse des coûts. À propos des loyers, voir plus bas.

Groin-groin : 🐷 Les cochons en sont reconnaissants, chère Céline Amaudruz.

 

Blague à part : pour lutter plus efficacement contre le changement climatique et protéger les espaces dédiés à la biodiversité, il faudrait réduire la consommation de viande. Il serait donc judicieux que les cantines publiques proposent davantage de plats végétariens et végétaliens. Renoncer à la viande de porc, c'est déjà un premier pas… Mais on pourrait faire mieux.

Dancing Pig

Voyons donc qui veut faire des économies dans l'éducation ? Oh, c'est l'UDC. L'exploitation des problèmes à des fins politiques dans toute sa splendeur.

Parmi la population résidente issue de l'immigration, le pourcentage de personnes ayant atteint un niveau de formation tertiaire est plus élevé que parmi la population résidente sans origine migratoire. La qualité de l'enseignement est davantage impactée par la pénurie d'enseignants, même si la situation se détend quelque peu. On continue néanmoins de faire appel à du personnel enseignant insuffisamment qualifié, car les spécialistes manquent toujours et la profession n'est pas suffisamment attractive.

N’importe quoi. L'industrie horlogère, le tunnel du Gothard et même Roger Federer n'existeraient pas si des personnes n'avaient pas quitté leur pays d'origine pour venir vivre et travailler ici. Elles sont ici parce que notre pays a besoin de plus de talents, d'expérience et de savoir-faire qu'il n'en produit lui-même.

 

La migration a toujours été et reste essentielle pour la Suisse, dans tous les secteurs, des soins et de l’artisanat à la finance en passant par la recherche. Depuis des siècles, l’économie suisse profite de la main-d’œuvre immigrée, de sa créativité, de sa discipline et de sa formation. La Suisse connaît principalement une immigration axée sur le marché du travail. Le taux d’activité est élevé, il n’y a pas de réserves importantes de main-d’œuvre.

 

Nous profitons tous également de la libre circulation des personnes et des accords bilatéraux : la libre circulation des personnes nous a non seulement apporté prospérité, innovation et qualité de vie, mais aussi la liberté de voyager, de vivre, d’aimer, d’étudier et de travailler en Europe. Et elle gagnera encore en importance face au vieillissement de la population et à la pénurie de main-d’œuvre.

 

Les instituts de recherche conjoncturelle BAK et Ecoplan soulignent que le PIB suisse en 2035 serait inférieur de 7,1 % (selon BAK) et 4,9 % (selon Ecoplan) sans accords bilatéraux. La population suisse en est consciente et a maintes fois confirmé cette voie bilatérale dans les urnes.

C'est trompeur. En 2025, la police a effectivement enregistré deux fois plus de viols qu'en 2020 (passant de 713 à 1’402). Ce que l’UDC passe sous silence, mais qui est clairement indiqué dans les statistiques criminelles de 2025 : « La définition du viol a été adaptée dans le cadre du nouveau droit pénal en matière sexuelle entré en vigueur le 1er juillet 2024. Une comparaison des chiffres avec les années précédentes n’est donc possible que de manière limitée. »

 

Selon le nouveau droit pénal en matière sexuelle (« Non, c'est non »), il suffit qu'une victime se défende verbalement ou physiquement contre un rapport sexuel ou qu'elle tombe dans un état de paralysie due au choc pour pouvoir invoquer un viol devant un tribunal. Désormais, les femmes ne sont plus les seules à pouvoir porter plainte pour viol, et tous les types de pénétration (orale, anale, vaginale) relèvent désormais de la définition du viol. Il est donc tout à fait logique que davantage de viols aient été enregistrés en 2024 et 2025. Cela n’a absolument rien à voir avec la criminalité des étrangers.

 

À propos de la légère augmentation observée avant 2024, le nombre de cas de viols non signalés  est élevé. Dans une étude publiée en 2019, l’institut GFS Bern indiquait que seuls 8 % de toutes les agressions sexuelles faisaient l'objet d'une plainte. Andrea Jug-Höhener, cheffe de la police judiciaire de la ville de Zurich, a récemment déclaré que l’augmentation du nombre de viols enregistrés était en réalité une bonne chose : « Les cas de viol sont certes en hausse, mais la meilleure protection pénale des victimes constitue un progrès. » Plus les lois sont efficaces et plus la protection policière et judiciaire des victimes est bonne, plus les cas de violences sexuelles sont signalés.

Vergewaltigungsstatistik FR

Faux. La proportion de personnes de confession musulmane est passée de 3,6 % à 6 % depuis 2000. On est bien loin de pouvoir parler d’une « expansion ». L’UDC joue ici délibérément sur des sentiments racistes.

Religionsstatistik FR

Dans une démocratie libérale, chacun doit pouvoir s'habiller comme il le souhaite.

Le taux de chômage en Suisse fluctue en fonction de la conjoncture et des perspectives économiques. Il est également fortement influencé par les crises mondiales (crise financière, pandémie, crise des énergies fossiles…). Après avoir atteint un creux en 2022/2023, le taux de chômage est de nouveau légèrement monté.

Arbeitslosenquote

Étant donné que les perspectives économiques en Suisse ne sont pas forcément très réjouissantes en raison de la forte dépendance aux combustibles et carburants fossiles, le chômage pourrait encore augmenter légèrement d'ici à la prochaine reprise mondiale. En cas de reprise, le taux de chômage baisse toutefois rapidement et de la main-d’œuvre est alors nécessaire immédiatement pour pouvoir profiter de cette reprise. C’est pourquoi le maintien d’un léger excédent de main-d’œuvre en période de crise constitue une sage prévoyance pour l’avenir. L’immigration en Suisse étant très fortement influencée par le marché du travail, elle diminue systématiquement jusqu’à la prochaine reprise.

Cette initiative est la plus hypocrite de tous les temps. Elle ne résout aucun des problèmes soulevés dans les domaines mentionnés, mais ne fait qu’en créer de nouveaux. « Reprendre le contrôle », c’est aussi ce que promettaient les partisans du Brexit au Royaume-Uni. Depuis la fin de la libre circulation des personnes, l’immigration a augmenté, et non diminué. Au lieu de l’UE, il y a eu davantage d’immigration en provenance de pays hors UE, ce qui a largement compensé la baisse de l’immigration en provenance de l’UE.

Il n'y aura pas de renégociation de la libre circulation des personnes. C'est « tout ou rien ». Cela signifie que la Suisse devrait s’en retirer, ce qui mettrait également un terme aux accords bilatéraux I, II et III. Avec des conséquences considérables.

Faux. La surface agricole utile n’a que légèrement diminué depuis 1985, passant de 1’068’893 ha à 1’040’389 ha. Ce n’est ni inquiétant, ni dramatique.

 

Gérer une exploitation agricole n’est pas une tâche facile, ni particulièrement lucratif. Il n’est donc pas surprenant que certaines exploitations cessent leur activité. Mais ces terres continuent alors d’être exploitées, principalement par d’autres exploitations plus grandes.

Faux. Le taux d'autosuffisance de la Suisse n'a que légèrement diminué depuis 2008, malgré l'immigration. Il ne baisse pas de façon dramatique. Encore une fois, l'UDC joue sur un sentiment de catastrophisme.

Selbstversorgungsgrad FR

La crise climatique exerce une pression croissante sur la production agricole. La forte consommation de viande en Suisse nécessite également de très grandes surfaces pour la production alimentaire. Une alimentation principalement végane ou végétarienne améliorerait considérablement la sécurité alimentaire, car elle nécessite nettement moins de terres. Mais l'UDC est favorable à la poursuite des subventions massives à la consommation de viande, aggravant la crise climatique et compromettant davantage la sécurité alimentaire.

L'Union suisse des paysans ne soutient pas cette initiative. De nombreuses exploitations agricoles craignent une pénurie de main-d'œuvre et s'inquiètent fortement pour leur avenir. Sans main-d'œuvre suffisante, ces exploitations ne peuvent pas survivre.

C'est contre les réfugiés que l'UDC tire le plus violemment. Les demandeurs d'asile représentent environ 2,5 % de la population suisse et n'ont donc aucune influence notable sur des enjeux majeurs tels que la croissance, les infrastructures ou le logement.

 

En revanche, les conséquences concrètes d’un « oui » seraient les suivantes : la dénonciation de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. En d’autres termes : adieu les droits humains. Pas seulement ceux des réfugiés, mais ceux de tous les habitants de la Suisse, car la CEDH garantit la protection des droits fondamentaux dans toute l’Europe et en Suisse.

 

Cette initiative signifierait la fin du droit d'asile. 150 ans après la création de la Croix-Rouge et du droit international humanitaire, la Suisse enterrerait sa tradition humanitaire. L’UDC, d’ordinaire si patriotique, rompt ainsi avec l’une des traditions typiquement suisses. Or, le préambule de notre Constitution fédérale stipule que la force du peuple se mesure au bien-être des plus faibles. Nous vous recommandons de le lire, chère UDC.

 

Et pour en revenir aux chiffres de l'asile : ceux-ci ont baissé en 2025 pour la deuxième année consécutive. On a dénombré environ 25’781 demandes d'asile, le principal pays d'origine étant de loin, une fois de plus, l'Afghanistan (les Talibans, ça vous dit quelque chose ?). 7’382 personnes ont obtenu l'asile en 2025, le taux d'octroi de l'asile s'élevait ainsi à 27,1 %, un chiffre bien inférieur aux « dizaines de milliers » évoqués par l'UDC. Par ailleurs, 5’005 admissions provisoires ont été prononcées et 5’842 ont pris fin. 

Asylgesuche FR

En comparaison européenne, la Suisse se situe dans la fourchette basse avec ces chiffres de l'asile. Malgré cela, l'UDC tente de nous faire croire à un « chaos en matière d'asile ».

Asylgesuche Europa FR

L'affirmation générale selon laquelle les demandeurs d'asile restent en Suisse même si leur demande est rejetée est également fausse : en 2025, 7’094 personnes ont quitté la Suisse de manière autonome et contrôlée, tandis que 2’400 personnes ont été renvoyées soit dans leur pays d'origine, soit vers un pays tiers. Un départ non contrôlé a été enregistré pour 10’577 personnes.

C'est l'UDC qui, avec d'autres partis, veut empêcher les personnes en procédure d'asile de travailler en Suisse. Elle critique ce qu'elle rend elle-même impossible. Elle exploite un problème qu'elle crée elle-même. L'UDC dans toute sa spleneur.

Le fait que la moitié des personnes ayant le statut de réfugié travaille est d'ailleurs exact. La tendance est clairement à la hausse. À titre de comparaison : le taux d'activité de l'ensemble de la population était de 67,5 % en 2024.

Faux. Par rapport à l'année précédente, le nombre d'infractions a baissé de 1,5 % en 2025. Si l'on examine les chiffres depuis 2009 (date à laquelle les données ont commencé à être enregistrées de manière uniforme), on constate que les infractions au sens du Code pénal (CP) ont certes augmenté après 2021, mais que les chiffres absolus restent inférieurs à ceux des années 2009 à 2013 – et ce, malgré la croissance démographique. À plus long terme, la Suisse ne devient PAS plus dangereuse.

Supposons que l'UDC fasse référence à l'évolution des infractions violentes lorsqu'elle parle d’ « insécurité ». Celles-ci sont en légère hausse depuis 2021 et se situent actuellement au niveau de 2009, alors que la population a augmenté entre-temps. La hausse des deux dernières années s'explique en grande partie par la modification du droit pénal en matière d'agressions sexuelles, notamment concernant le viol et la nouvelle infraction de « transmission indue d’un contenu non public à caractère sexuel ».

Entwicklung Straftaten Total FR

Conclusion : l’UDC exagère énormément.

Affirmation arbitraire. On pourrait tout aussi bien écrire : les statistiques criminelles montrent que la Suisse a connu un niveau de criminalité similaire ces trois dernières années à celui de la période 2009-2014. Entre ces deux périodes, il y a eu une phase avec un nombre d'infractions plus faible. Et cela, alors que la population a augmenté de plus d'un million d'habitants durant cette période. La criminalité par habitant·e est aujourd'hui nettement plus faible qu'en 2009.

Faux. En 2025, les demandeurs d’asile représentaient 5,8 % des prévenus, soit une baisse de 0,9 %. Par ailleurs, les statistiques criminelles recensent le groupe des autres étrangers, qui était responsable de 19,8 % des infractions en 2025. Mais ce groupe ne comprend pas seulement des « clandestins », comme l’écrit l’UDC dans la phrase en question, mais aussi, par exemple, le crime organisé venu de l’étranger. Benjamin Brägger, expert en matière pénitentiaire, a décrit la situation ainsi dans 20 Minutes : « Vague de cambriolages commis par des bandes d’Europe de l’Est, explosions de distributeurs automatiques, attaques contre des fourgons blindés, vols de voitures, vols d’armes : ce ne sont là que quelques-uns des phénomènes auxquels la Suisse est confrontée. La plupart du temps, ces délits sont commis par des bandes étrangères qui envoient parfois délibérément des mineurs, car les peines encourues par ces derniers sont moins lourdes. » Il est donc tout à fait faux de dire que les demandeurs d’asile et les clandestins commettent un délit sur quatre. L’UDC a simplement ajouté le tourisme criminel à ce chiffre, même si cela est totalement erroné sur le fond.

 

Soit dit en passant, l’UDC omet volontiers que la sécurité en Suisse en matière de fraude et de criminalité internationale est considérablement renforcée par les accords bilatéraux avec l’Europe.

Nous voulions dresser ici la liste des initiatives et des propositions par lesquelles l'UDC s'est prononcée en faveur d'un plus grand nombre de logements abordables. Malheureusement, nous n'en avons trouvé aucune.

 

Il est largement exagéré de rejeter la faute sur l'immigration. Depuis 1970, le nombre de ménages d'une seule personne a fortement augmenté en Suisse (il a presque quadruplé). Cela entraîne un besoin nettement accru en logements. Jusqu’en 2005, la surface des logements n’a cessé d’augmenter, de sorte qu’aujourd’hui, chaque personne dispose de davantage d’espace. Par ailleurs, la population étrangère vit dans des logements plus petits que les personnes de nationalité suisse.

 

Dans le même temps, il est difficile de créer de nouvelles zones à bâtir. Même une meilleure exploitation des zones à bâtir existantes s'avère compliquée, car les oppositions ainsi que la protection du paysage urbain et des monuments historiques entravent l'activité de construction. L'initiative de l'UDC ne permettra pas de construire de nouveaux logements, bien au contraire : à l'avenir, il manquera de la main-d'œuvre qualifiée dans le secteur du bâtiment, les coûts de construction augmenteront et les loyers grimperont. Dans le secteur de la construction, il existe un retard accumulé en matière de rénovation, et de nombreux logements ne sont pas adaptés aux défis du changement climatique. Là encore, avec sa politique en faveur des énergies fossiles, l’UDC risque à l’avenir de faire souffrir de nombreux habitants de la chaleur.

 

Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’une réduction des oppositions, d’une protection du paysage et des monuments historiques allégée, et d’une construction tournée vers l’avenir.

Wohnungsbau FR

La densification a permis de créer davantage de logements par bâtiment. En revanche, le nombre de nouvelles constructions n'a cessé de diminuer. Depuis 1980, ce chiffre est en forte baisse, tombant à un cinquième pour les maisons individuelles et à 40 % pour les immeubles d'habitation. L'aménagement du territoire fonctionne donc comme prévu et les nouveaux logements sont principalement créés grâce à une meilleure utilisation des surfaces d'habitation existantes. L'UDC laisse entendre ici que ces logements sont tous construits sur de nouvelles surfaces qui ont été réaffectées. Or, de nombreux projets sont des constructions de remplacement offrant une meilleure utilisation de l'espace. Par exemple, dans le canton de Zurich, environ 3 nouveaux logements sont créés pour chaque ancien logement démoli, et en Suisse romande, ce chiffre peut même atteindre 6.

C’est faux ! La formation universitaire reste une valeur sûre. Même pendant la période délicate qui suit immédiatement l'obtention du diplôme, le taux de chômage des diplômés de l'enseignement tertiaire reste inférieur à la moyenne suisse. Là encore, l'UDC déforme les chiffres.

Mensonge. L'UDC est en première ligne pour s’opposer à l'amélioration des conditions de travail dans le secteur des soins, alors que l'initiative sur les soins infirmiers a été clairement acceptée en 2021.

Inexact. Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), le niveau de formation de la population suisse va augmenter de manière « marquée » dans les prochaines années. D'après les calculs, plus de 50 % des personnes âgées de 25 à 64 ans devraient déjà avoir achevé une formation tertiaire (formation professionnelle supérieure et hautes écoles) d'ici 2028. D'ici 2045, cette part devrait même atteindre 62 %.

 

L'immigration de ces dernières années démontre que ce sont majoritairement des personnes très bien qualifiées qui s'établissent en Suisse. L'OFS prédit : « Ces prochaines années également, selon le scénario de référence, les personnes immigrées apporteront une contribution importante au niveau de formation par rapport aux diplômes tertiaires décernés dans le système éducatif suisse. »

C'est une conclusion fortement raccourcie. Cette tendance s'observe aujourd'hui dans l'ensemble des pays de l'OCDE. Elle ne s'explique pas par une raison unique, mais par plusieurs facteurs. D'une part, la lecture sur écran et la consommation de réseaux sociaux chez les enfants et les jeunes entraînent une diminution des capacités de compréhension et de lecture. Une deuxième raison est la lenteur avec laquelle le système éducatif est capable de se réformer, ses méthodes ne produisant plus aujourd'hui les résultats escomptés. La diversité linguistique au sein des classes scolaires constitue certes un facteur supplémentaire, mais il n'est pas déterminant à lui seul et peut être compensé par des innovations dans le système éducatif. 

Cette vérification des faits le montre : l'UDC joue toujours le même jeu. Elle instrumentalise des problèmes, qu'ils soient réels ou inventés, pour capter l'attention et désigner les étrangers comme coupables. Pourquoi se pencher réellement sur les défis et les relever quand on peut simplement rejeter la faute sur les autres ? Avec l’instrumentalisation, l’UDC applique les principes de base du populisme. À cela s’ajoute le fait que cette « initiative pour la durabilité » a également de graves conséquences : elle met en péril notre prospérité, nos libertés et notre tradition humanitaire. Le 14 juin, dites NON au jeu sans fin de l’UDC.

Le 14 juin, NON au jeu sans fin de l'UDC
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Cette vérification des faits le montre : l'UDC joue toujours le même jeu. Elle instrumentalise des problèmes, qu'ils soient réels ou inventés, pour capter l'attention et désigner les étrangers comme coupables. Pourquoi se pencher réellement sur les défis et les relever quand on peut simplement rejeter la faute sur les autres ? Avec l’instrumentalisation, l’UDC applique les principes de base du populisme. À cela s’ajoute le fait que cette « initiative pour la durabilité » a également de graves conséquences : elle met en péril notre prospérité, nos libertés et notre tradition humanitaire. Le 14 juin, dites NON au jeu sans fin de l’UDC.

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